Mnemiopsis leidyi, un cténaire invasif

Derrière sa silhouette de verre translucide et sa fragilité apparente se cache l’un des prédateurs les plus redoutables et invasifs de nos océans : découvrez le portrait de Mnemiopsis leidyi, la méduse américaine désormais arrivée sur nos côtes.

Les cténaires sont les cousins des Cnidaires ou méduses. Ces animaux, composés à environ 95% d’eau, font partie du plancton gélatineux. Ils nagent dans les couches d’eau supérieures à la recherche de nourriture. Ils sont transparents et sont présents en mer et en eau douce. À l’œil nu, on ne les voit pas. Par contre, dans un bocal, ils sont visibles dans toute leur délicatesse.

Ils sont non urticants mais possèdent des cellules collantes, les coloblastes.

Ces petits êtres paraissent bien fragiles et ils préfèrent les eaux calmes des lagunes mais ne nous trompons pas…

L’espèce Mnemiopsis leidyi, ou méduse américaine, pêchée à Damgan à la fin du mois de juin fait partie des 50 espèces les plus invasives au monde (IUCN) ! Elle mesure de 2 à 12 cm.

Cette espèce qui vit sur la côte atlantique de l’Amérique (Amérique du Sud, Golfe du Mexique et côte est des États-Unis) a été introduite massivement en Europe, transportée par les eaux de ballast de navires marchands.

On l’observe principalement sur les zones côtières (estuaires, lagunes), dans les zones particulièrement influencées par les pressions humaines. Elle a atteint de nouvelles régions tout particulièrement en Europe. En 1980 elle a été observée en Mer Noire, en Mer Caspienne, puis le long des côtes nord de la Méditerranée (Mer de Marmara, Mer Égée, Mer Adriatique et Bassin nord-occidental). Au début des années 2000, elle est arrivée en Europe du Nord. Les premières observations faites en France de M. leidyi ont eu lieu dans l’étang du Vaccarès à la fin des années 1990, ont progressé vers Marseille puis en Corse. Elle est observée le long des côtes de la Manche depuis quelques années.

La méduse américaine possède une forte capacité de reproduction, une faculté d’adaptation et une croissance rapide.

Lorsque les conditions sont optimales, elle peut pondre plus de 10 000 œufs par individu et par jour. La larve se développe en un adulte miniature en seulement 20 heures, et son cycle de vie s’effectue en 13 jours en zone tempérée. L’espèce est aussi capable de s’autoféconder.


M. leidyi est un prédateur carnivore opportuniste planctonophage extrêmement vorace. Il agglomère ses proies dans du mucus qui recouvre ses lobes. Elle s’adapte très bien à de grandes variations de température (1 °C à 32 °C) et de salinité (2 à 38 g/L). Elle peut aussi survivre dans des zones très peu oxygénées. Elle est donc capable de conquérir des milieux aux caractéristiques très variées.

M. leidyi est un prédateur carnivore opportuniste planctonophage extrêmement vorace. Il agglomère ses proies dans le mucus qui recouvre ses lobes. La fine ciliature dirige ensuite le plancton aggloméré vers la bouche. Il est capable de manger une quantité de proies représentant jusqu’à 10 fois son poids par jour ! Il s’attaque aussi bien à des proies de petite taille (100 µm comme les copépodes, les larves de bivalves ou de gastéropodes) qu’à des proies mesurant plusieurs millimètres (œufs et larves de poissons, amphipodes juvéniles).

Lorsque les conditions alimentaires sont défavorables, M. leidyi est capable d’un phénomène incroyable : il peut s’auto-digérer en puisant dans ses réserves et ainsi survivre pendant des semaines. Son invasion est favorisée par l’eutrophisation et par la surpêche, deux facteurs dont elle aggrave en retour les problèmes écologiques. Cette espèce profite de la place libérée par la surpêche, qui favorise le développement des populations de gélatineux (méduses et cténaires). Par exemple, en mer Noire, l’invasion de Mnemiopsis leidyi est survenue à la suite d’une surpêche intensive de sardines et d’anchois, dont les stocks s’étaient effondrés.

Ces cténaires peuvent former des bancs de plusieurs milliers d’individus lorsque la nourriture est abondante.

Mnemiopsis leidyi possède un prédateur spécifique : un autre cténaire, Beroe ovata, parfois introduit afin de réguler ses populations.

Prédateur autant que compétiteur, Mnemiopsis leidyi  est un fléau pour la pêche,  dont il affecte fortement l’économie, l’équilibre écologique du milieu marin et augmente de façon notoire les déséquilibres causés par l’homme.

Prédateur autant que compétiteur, Mnemiopsis leidyi est un fléau pour la pêche dont il affecte fortement l’économie. Il bouleverse l’équilibre écologique du milieu marin et amplifie de façon notoire les déséquilibres causés par l’homme.

Une menace invisible à surveiller ensemble

Sous ses airs de créature de verre fragile, la méduse américaine rappelle à quel point nos écosystèmes marins sont vulnérables aux pressions humaines. La prochaine fois que vous observerez le plancton de nos côtes, inspectez-le de plus près : vous y découvrirez peut-être ce voyageur clandestin.

💬 À vous de jouer : Avez-vous déjà observé des cténaires ou des phénomènes de prolifération près de chez vous ? Partagez vos observations et vos questions dans les commentaires ci-dessous !

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Commentaires

Une réponse à « Mnemiopsis leidyi, un cténaire invasif »

  1. […] Mnemiopsis leidyi, un cténaire invasif […]

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