Plongées à Malendure, Guadeloupe

Je suis allée de nombreuses fois plonger le long des ilets Pigeon à Malendure sur la côte ouest de la Guadeloupe, entre 1988 et 2007.

Situés environ 10 mn en bateau du rocher de Malendure, ces ilets accueillent coraux, éponges géantes, comatules et de nombreux poissons dont hippocampes, carangues, poissons trompettes et autres poissons perroquets. La vie luxuriante est liée à la présence de ces ilets près de la côte et de nombreuses sources chaudes d’origine volcanique qui apportent de nombreux sels minéraux.

Cet endroit mérite bien d’être classé « réserve » car la faune et la flore qui s’y sont installées méritent d’être préservées.

Les sels minéraux de l’eau de mer proviennent des sources chaudes mais aussi des rivières de la côte tout proche. Cette eau attire les petits animaux planctoniques qui s’en nourrissent . C’est le début de la chaine alimentaire et tout le récif vit en interdépendance.

Ici, on constate la grande diversité et la richesse des animaux filtreurs. Ce sont tout d’abord les éponges, certaines sont géantes comme Xestospongia.

 D’autres sont violettes et s’associent aux gorgones.

 Beaucoup forment de grands tubes jaunes ou orange et vivent en groupe comme Aplysina.

Certaines sont fluorescentes. D’autres encore accueillent dans leurs pores de petites anémones. Ces dernières profitent de la place bien exposée, des courants créés par l’éponge à l’aide de ses minuscules cellules ciliées.

On pourrait croire qu’elles empêchent l’éponge de se nourrir en obturant ses pores mais elles jouent un rôle dans la rigidité de l’éponge en l’améliorant. Cette association est donc bénéfique pour chacun des partenaires. C’est une symbiose.

Les éponges sont constituées de fibres, la spongine, ainsi que de spicules siliceux ou calcaires qui leur donne leur rigidité.

D’autres animaux, eux aussi peu évolués, sont très nombreux et variés dans ces eaux caraïbes. Ce sont les cnidaires, les coraux et gorgones.

Les coraux sont nombreux et variés.

Certains sont proches de la surface, dans quelques centimètres d’eau. Ils sont épais pour résister aux vagues et à la houle, les cornes de cerf. (Actuellement, en 2024, ils ont tous été détruits)

D’autres sont très ramassés et n’offrent pas de prise aux vagues comme ces coraux hémisphériques que sont les cerveaux de Neptune du genre Meandrina. Il y a aussi les Porites qui portent souvent les empreintes des poissons perroquets.

Parmi les gorgones, celles qui ressemblent à un éventail « Ventalina » sont souples et ondulent dans la houle et le courant.

 Les petits polypes qui la constituent piègent les particules planctoniques et s’en nourrissent. Ce sont donc des animaux carnivores.

Il y a aussi d’autres animaux dans le grand groupe des Cnidaires, ce sont les hydraires. Ces petits animaux discrets sont partout, sur les gorgones, sur les algues, souvent aussi sur les épaves. Ils sont particulièrement urticants, on les appelle d’ailleurs « ortie de mer ».

Mais le plus urticant, même brûlant, c’est le corail de feu. De couleur jaune verdâtre, on le reconnais à ses terminaisons blanches. En regardant de près, on voit bien les dards qui rentreront dans la peau du plongeur imprudent qui s’y accroche.

Les anémones de mer font partie de ce grand embranchement d’animaux urticants que sont les cnidaires. Il y en a aussi de nombreuses espèces. Elles sont carnivores.

Sur les trois photos qui suivent vous pourrez observer une anémone qui se referme sur sa nourriture (on lui a donné un reste de sardine)

Il y a de nombreuses comatules, cousines des étoiles de mer mais qui ont des bras beaucoup plus fin et plumeux. Etalées comme des fleurs, elles attrapent les petits animaux planctoniques qui passent à leur portée. Dans le même embranchement, les Echinodermes, c’est à dire ceux qui ont des épines sur la peau, il y a les oursins diadèmes, aux piquants très acérés qui sont venimeux.

En ce qui concerne les piqûres d’oursins, voici un truc : pour retirer un morceau de piquant d’oursin fiché dans la peau, rien de tel que de l’huile d’olive et du citron.  Le citron va dissoudre le calcaire du piquant et l’huile d’olive lui permet de le sortir de la peau, en le faisant glisser. Ca marche très bien et ces produits sont toujours facile à trouver. N’oubliez pas de désinfecter la plaie car la mer est pleine de bactéries.

Retournons aux Echinodermes. Nous trouvons dans ce grand groupe les concombres de mer ou holothuries.

 

Ils vivent posés sur le sable qu’ils filtrent. Ce sont donc des animaux certes assez laids mais très utiles.

J’ai observé peu d’étoiles de mer mais des « gorgonocéphales ». Sous ce nom très barbare, se cache des animaux nocturnes qui déploient leur bras gigantesques comme un grand filet de pêche ou encore une toile d’araignée toujours pour filtrer les particules planctoniques dont elles se nourrissent.

  Il y en a des blancs, jaunes, oranges, marrons. Pendant la journée, ils sont refermés sur eux mêmes.

Il y a aussi cet embranchement plus familier que sont les Crustacés. Cigales de mer et langoustes sont assez communes.

Il y a aussi, si l’on regarde bien, de petites crevettes dont les jolies pinces bleues attirent le regard. Elles sont souvent cachées dans les anémones de mer urticantes du genre Bartolomea mais elles sont immunisées. Ce sont des nettoyeuses qui attendent le poisson demandeur.

Caché dans une comatule, un petit crabe Inachus attend le reste de nourriture de celle-ci. En attendant, il se protège des prédateurs dans ses bras non urticants.

Aux Antilles vivent de nombreux mollusques comme le lambi, très connu pour sa belle coquille et pour la cuisine créole qui lui est associée.

Sur les gorgones, d’autres petits mollusques se nourrissent des polypes, ce sont les monnaies caraïbes . Il y en a principalement deux espèces, Cyphoma gibbosum et Cyphoma signatum.

Les poissons coralliens abondent. Ils sont très colorés. Les poissons perroquets sont très variés. Leurs couleurs sont éclatantes, allant du rose vif au vert pomme et turquoise chez le même poisson.

 Il passent leur temps à croquer le corail à l’aide de leur bec de perroquet et à l’excréter en nuage de sable. D’autres espèces de perroquets sont plus discrètes, rouge, marron et gris noir.

Des balistes orange et le poisson lime bleu nagent autour du récif. Certains poissons de haute mer sont fréquemment rencontrés autour de ce récif comme les carangues.

En s’approchant, on peut voir des hippocampes, très territoriaux.

Sous les surplombs, ce sont les cachettes des « poissons rouges » poissons gros yeux, habitués à l’obscurité, dont le rouge n’est plus visible sous ces surplombs ce qui leur permet de ce cacher.

Le poisson pierre n’a pas besoin de se cacher, il est mimétique avec le milieu.

Parmi mes préférés, il y a le poisson ange français (cocorico).

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