Les poissons de Nosy Bé

Partis pour un voyage d’écovolontaire « biomarine » avec l’association « Peau Bleue » menée par Patrick Louisy, dont l’objectif était de recenser les poissons autour des îles de Nosy Tanikely et Nosy Fanihy au cours d’une vingtaine de plongées.

Poisson demoiselle

Nous étions assidus, attentifs et passionnés et plus de trois cent espèces de poissons ont été observées par notre groupe sur l’ensemble des deux sites.

Bref,  nous avons bien travaillé.

Une liste des poissons observés serait fastidieuse à lire et je préfère vous montrer mes préférés. L’intérêt de ce voyage d’observation est qu’en plongeant, nous avons pris tout le temps d’observer les poissons, leur attitude devant les stations de nettoyage ou encore le comportement de la crevette associée au gobie dans son trou.

Commençons par les poissons ange qui portent de belles couleurs vives. Ils sont la plupart du temps solitaire, parfois en couple.

Territoriaux, ils chassent les éventuels concurrents de la même espèce. Afin de ne pas être chassés, les juvéniles portent une livrée différente.

Les poissons papillons ou Chaetodons, plus petits, nagent souvent en couple, parfois en banc.

Ils possèdent une petite bouche et de petites dents qui leur permettent de manger du corail, des œufs de poissons, des invertébrés (par exemple les anémones de mer), grâce aussi au museau allongé de certaines espèces.

 Sur certains papillons, l’œil est dissimulé sous une bande noire traversant la tête et près de la nageoire dorsale se trouve un cercle noir, ce qui fait croire qu’il s’agit de l’œil. Les prédateurs voient s’enfuir le poisson papillon en sens inverse de ce qu’ils pensaient. 

Ils se cachent fréquemment sous les coraux comme les grandes tables d’Acropora.

Non, les poissons chirurgiens n’opèrent pas les autres poissons… Ils doivent leur nom au lames rétractiles ou non, insérées en avant de la nageoire caudale. 

Ces lames coupent comme des scalpels d’où leur nom de chirurgien.

Certaines espèces portent une paire, certaines portent deux paires de scalpels.

La baliste, catapulte de guerre, était munie de crochets qui servaient à fixer le chariot en place au moyen de cordes liées à des piquets enfoncés en terre. La nageoire dorsale du poisson du même nom est faite d’un grande épine et deux petites : quand il se sent menacé, il se cache et dresse son épine dorsale en dépliant ses épines et fait de même lorsqu’il dort.

 Quant à sa bouche, elle est pleine de dents pointues pouvant croquer les invertébrés à carapace : oursins, coquillages, crustacés, poissons, étoiles de mer et même algues et éponges. 

Si vous vous approchez trop près de la ponte d’un baliste titan, il émet des grognements que vous entendez même sous l’eau. Le mâle surveille farouchement les œufs et gare au plongeur qui s’approche trop près du nid. Il est coursé vivement. Les poissons clown attirent notre attention car, en nous voyant, ils se réfugient dans leur anémone. Il est facile de les approcher.

Les poissons demoiselles comme les poissons bagnards vivent parfois en grands bancs près de la surface. Lorsqu’ils pondent, ils défendent vivement leurs œufs contre tout intrus, y compris le plongeur.

Mais quand un banc de labres, girelles vient à passer par là, les œufs sont vite dévorés comme du caviar…

D’autres poissons demoiselle vivent en petits bancs au dessus des tables d’Acropora. Ces petites espèces trouvent assez de place entre les branches d’Acropora pour s’y cacher en cas de danger.

Les grands gatrains sont plus spectaculaires par leur taille. Ils possèdent des lèvres charnues souvent colorées en jaune.

Ils vivent souvent en bancs et restent immobiles près des grandes gorgones. Peut-être se mettent-ils ainsi tranquillement à l’abri du courant.

Les Platax sont tout aussi spectaculaires. Leur regard et leur nage rapide parmi les bancs de poissons montre bien qu’il s’agit de prédateurs. La plupart du temps, le plongeur les rencontre en pleine eau. Nous avons pu les observer à loisir dans les « stations de nettoyage« .

Le petit labre bleu rayés de noir ont fort à  faire dans le récif corallien. Leur couleur vive se voit de loin pour les poissons qui viennent se faire nettoyer…le menton,sous les ouies, sur le dos…

Les labres éliminent les parasites, nettoient les blessures, se nourrissent en même temps. Ils sont tour à tour dentiste, dermatologue ou encore  chirurgien. Leur rôle est indispensable à la vie de récif. D’autre labres sont très colorés et s’ajoutent à la beauté des récifs coralliens.

Les poissons perroquets, proches des Labridés possèdent aussi des couleurs très vives et un bec crochu qui leur permet de se nourrir des polypes des coraux durs que sont les madrépores. Ils rejettent le squelette corallien broyé dans leurs excréments sous forme de sable. Ce sont les producteurs principaux du sable corallien parmi les animaux du récif. Plus de vingt litre de sable par jour par individu !

Les gobies passent souvent inaperçus pour le plongeur qui ne regarde que les gros poissons colorés du récif.

Posés sur le sable, souvent peu colorés et mesurant de cinq à dix centimètres, ils se réfugient dans leur trou à la moindre alerte. Il faut alors attendre patiemment que le gobie fasse sa réapparition ainsi que sa copine, la crevette.

Tous deux, ils vivent dans le même trou et cohabitent pour le meilleur et pour le pire. La crevette est aveugle et, proie facile et appétissante, ne peut se permettre de sortir du trou n’importe quand. En relation permanente avec son gobie préféré à l’aide de ses antennes, elle attend son signal pour sortir. Son rôle est fondamental: elle nettoie constamment sa maison qui ne cesse de se remplir de sable et repousse le sable hors du trou à l’aide de ses grosses pinces comme le ferait une pelleteuse. 

Cependant, toutes les espèces de gobies n’ont pas de crevette nettoyeuse attitrée.

Les vivanneaux passent et repassent en grands bancs. ici, ce sont des lutjans. Plusieurs espèces nagent parfois dans le même banc.

Les poissons éperviers restent posés sur les branches de corail à l’affût de leur proie.

Parmi les mérous, certans restent devant les grottes. C’est le cas de ce petit poisson rayé noir et jaune.

Cet autre mérou reste posé sur le sable sous les buissons coralliens.

Les diodons sont des poissons qui peuvent se gonfler d’eau pour paraître plus gros et impressionner leur prédateur éventuel. Ainsi, ils se hérissent de piquants durs et deviennent trop gros pour être avalés. D’autre part, ils sont vénéneux, c’est à dire toxique à la consommation.

Ce poisson globe est impressionnant par sa taille. Avec ses petites nagoires et sa forme peu hydrodynamique, il ne nage pas très vite.

Les poissons cartilagineux et leur grand souplesse et agilité sont aussi présent. Les raies tachetées de bleu sont posées sur le sable. Leur aiguillon barbelé est bien visible.

Certaines plongées nous ont permis d’observer d’immenses bancs de poissons. De toutes parts, ces bancs semblaient se donner rendez-vous.

Deux espèces de requins ont été observés. Le requin corail et le requin léopard. Mais les requins se font rares à Madagascar car le commerce des ailerons reste encore une activité très lucrative.

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