
La physalie (Physalia physalis) encore appelée galère portugaise est en réalité une colonie constituée d’une multitude d’individus.
Les physalies vivent habituellement dans les mers tropicales et subtropicales mais peuvent être déportées par les vents sur de longues distances. La présence de Physalia physalis est régulièrement signalée sur les côtes Sud-Ouest de l’Angleterre et sur les côtes françaises d’Aquitaine.
Les hydraires sont regroupés pour former un individu « d’ordre supérieur » où chaque individu possède un rôle précis, nourriture, défense, reproduction ou sustentation. Un grand flotteur remplit de gaz maintient l’animal à la surface de l’eau à la merci des vents et des courants.

Les tentacules urticants peuvent traîner sur plus de 10 mètres sous le flotteur. La physalie a un pouvoir très urticant peut être dangereuse pour les baigneurs. C’est en étudiant cette méduse que Richet et Portier découvrirent l’anaphyllaxie en 1901.
C’est lors d’une croisière scientifique sur le bateau d’Albert 1er de Monaco, La Princesse Alice, que Paul Portier (1866-1962) et le zoologiste et Charles Richet (1850-1935), professeur de physiologie à la faculté de médecine découvrent « l’anaphylaxie ».

Voyageant au large des iles du Cap vert, ils étudient la toxicité des filaments pêcheurs des physalies, des méduses flottantes fréquentes le long de ces côtes. Ils découvrent la présence dans les filaments d’une hypnotoxine qui agissent sur le système nerveux central des proies venues à leur contact.

A cette époque (1902), la vaccination avec l’injection de micro-organismes inactifs ou affaiblis est connue pour protéger de certaines infections en renforçant l’immunité (la phylaxie). Les expériences donnant lieu à l’injection d’un venin en quantité très faible auraient dû donner, selon les chercheurs, un effet de protection contre ce venin. Mais, surprise, c’est le contraire qui arriva.
La plupart des expériences furent pratiquées sur des chiens. La première injection était nommée « préparante ». La deuxième déclenchante provoquait la mort des chiens si elle était donnée plus de deux semaines après la première et ne provoquait rien si elle était donnée dans un délai de quelques jours.

Les animaux qui étaient « vaccinés » mourraient alors qu’ils recevaient des doses qu’ils auraient dû supporter. En réalité, il s’agissait d’une réaction allergique violente appelée par P.Portier « anaphylaxie » et l’animal au lieu d’être immunisé était sensibilisé. La réaction allergique est liée à la libération de médiateurs chimiques en particulier l’histamine.
Le contact avec une physalie provoque une douleur intense immédiate, des zébrures de la peau et des démangeaisons. Des vésicules peuvent se former et les lésions laissent parfois des cicatrices pigmentées (traces brunes).
Après un délai de quinze minutes à une heure, des signes généraux de gravité variable peuvent se manifester: nausées, vomissements, accélération du pouls, douleurs dans la poitrine et l’abdomen, difficultés respiratoires, douleurs musculaires et articulaires, malaise, vertiges, fièvre.
Une réaction allergique est également possible. (centreantipoison.be)
Après de nombreux coups de vent, une Physalie s’échoue à Damgan en Morbihan, en ce début décembre 2025. Elle est encore vivante.



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