L’observation des sables fossiles et leur datation nous indique qu’ils sont apparus au Cambrien inférieur, il y a 540 millions d’années. On retrouve leurs coquilles microscopiques au fond des océans et sur le sable des plages, en particulier au niveau des laisses de mer. Bonne récolte !
L’ enveloppe des foraminifères s’appelle « le test » comme chez les oursins qui sont cependant des animaux bien éloignés aussi bien dans la classification que dans l’évolution. Ils possèdent une ou plusieurs loges et souvent de nombreux trous ou « foramen » d’où leur nom de foraminifères. Leur taille varie de 40 µm à 1 mm mais certaines espèces sont nettement plus grandes comme les nummulites, petits fossiles calcaires circulaires qui font communément 1 cm à 1.5 cm de diamètre. L’étude des tests permet la reconnaissance des espèces.
Le test de certaines espèces peut atteindre 8 cm de diamètre comme dans les pierres à liards, les nummulites.
Si vous cherchez bien , vous en trouverez possiblement dans votre jardin parmi les cailloutis en région parisienne.

Les foraminifères peuvent être soit benthiques ( sur le fond des océans), soit pélagiques (en pleine eau) et constituent environ 10 % du plancton. Ils se nourrissent de bactéries, d’algues, de larves de mollusques, de crustacés ou de déchets variés. Leur squelette est soit organique, soit composé de grains de sable agglomérés, soit composé de fines couches calcaires. Tout comme les mollusques et les coraux ou madrépores, ces individus stockent le calcaire ou carbonate de calcium. Ce carbonate de calcium se constitue grâce à la présence dans l’eau de mer de calcium et de gaz carbonique dissous.
Le CO2 dissous est proportionnel au CO2 présent dans l’air. Ainsi, en constituant leur squelette calcaire, les foraminifères participent à la diminution du taux de CO2 de l’air par la loi d’équilibre de dissolution des gaz . Cependant, la température modifie cet équilibre et le réchauffement ainsi que l’augmentation du gaz carbonique dissout tend vers une formation d’ions carbonate et H+ qui augmente l’acidité de l’océan.
Nous connaissons mieux les Foraminifères grâce à Alcide d’Orbigny (1802-1857) qui y consacra la plus grande partie de sa vie et qui découvrit et décrivit plus de 1500 espèces alors nouvelles pour la science. Pourtant, ces organismes étaient connus depuis l’Antiquité mais ils étaient classés parmi les Céphalopodes comme les nautiles et les ammonites. Il faut dire que la forme globale de la coquille et les nombreuses loges rappellent ces mollusques.
Selon l’IFREMER, on estime à 38000 le nombre d’espèces fossiles de foraminifères et entre 10000 et 20000, le nombre d’espèces existantes actuellement.
C’est Félix Dujardin (1801-1860) qui découvrit que ces animaux étaient unicellulaires. Les Foraminifères se retrouvent dans les eaux douces et dans les mers de toutes les profondeurs, des marais aux grandes plaines abyssales. Ces animaux sont très réactifs aux variations de l’environnement et possèdent une très grande variabilité (taille et nombre des loges, par exemple). Leur cycle de vie est très court (entre 1 et 3 mois en moyenne).
Leur très grande fécondité, leur cycle de vie court ajouté aux modifications de l’environnement font de ces animaux microscopiques des bio-indicateurs de la qualité de l’environnement. La biomasse importante qu’ils engendrent leur prodigue un rôle très important dans les écosystèmes.
De même, ce sont des indicateurs biostratigraphiques et paléontologiques utilisés en géologie pour la datation des roches sédimentaires. L’analyse des populations fossiles permet de reconstituer de manière fiable et précise les conditions de milieux et de climat dans lesquelles ils ont grandit. Ainsi les foraminifères donnent aux scientifiques des indications très précises pour connaitre le climat des 140 derniers milliers d’années.
Les test de foraminifères s’accumulent par endroit sur plusieurs mètres voire plusieurs milliers de mètres.
L’étude de la composition chimique des tests a montré que l’équilibre des isotopes stables de l’oxygène 160 et 180 étaient différents selon la température de l’eau où elles étaient constituées (Emiliani, 1855). Cela a permis de donner aux climatologues des informations très précises sur la température et la salinité de l’eau dans laquelle ces foraminifères vivaient.
Ces animaux la plupart du temps méconnus du grand public participent cependant aux grandes constructions de notre monde.
Source Wikipédia
Je vous invite au voyage au gré des sable que j’ai récolté soit sur les plages soit en plongée et à leur observation au microscope. Il va sans dire que ces tableaux de foraminifères ne sortent pas directement de l’observation au microscope mais que c’est l’objet d’un travail de patience d’observation microscopique, de photographie puis de détourage avec un logiciel approprié et enfin de transfert sur un « tableau ».
Commençons par des sables de la région parisienne, Villiers St Frédéric. Ces sables sont connus pour les coquillages et coraux qui datent du lutécien, période géologique de l’ère tertiaire, il y a environ 45 millions d’années. A cette époque, le bassin parisien baignait dans une lagune peu profonde sous un climat tropical.
Foraminifères fossiles du Lutétien, Villiers St Frédéric
Sur ce tableau, il n’y a pas que des foraminifères mais tout ce que j’ai trouvé de beau. Certains éléments qui ont une symétrie axiale appartiennent probablement aux Échinodermes (embranchement comprenant entre autres les oursins et les étoiles de mer). D’autres sont des ammonoïdes, c’est à dire de la famille des ammonites et des nautiles, des Céphalopodes.
La Bretagne nous offre une grande variété de plages et de sables. Non loin d’Erquy en Bretagne Nord , il y a le magnifique site de St Jacut. Le sable gris ne laisse rien présager des beautés qu’il recèle…
Foraminifères et spicules d’éponges, St Jacut de la mer
Ici, peu de foraminifères. Quelques Rosalina rouge et surtout, ces petits morceaux de verre effilés et très géométriques, des spicules d’éponges, c’est à dire des éléments du squelette des éponges qui leur confère une certaine rigidité. Des chercheurs ont récemment découvert que ces spicules parfaitement géométriques sont utilisés par les éponges comme des fibres optiques afin de canaliser la lumière. En effet, les éponges vivent souvent dans des milieux faiblement éclairés, (richesse en plancton, profondeur…).
La lumière, c’est pour les cyanobactéries avec lesquelles elles vivent en symbiose. Alors les inventeurs de la fibre optique : l’homme il y a dix ans ? Non! les éponges, il y a 530 millions d’années !!!
Nous avons BEAUCOUP à apprendre de la nature ! Alors, observons là !
Plus au Sud et toujours en Bretagne, nous nous retrouvons sur l’île de Houat sur une grande plage calme, aux eaux turquoises, on se croirait sous les tropiques…et… Merveille!
Foraminifères , ostracodes, Ile de Houat
En Bretagne, arrêtons nous un instant sur la plage de Merrien.
Ce sable est riche en foraminifères, en Bryozoaires et en spicules d’éponges qui forment des formes géométriques en silice.
Foraminifères, spicules d’éponges, bryozoaires, Merrien
Ce sont les éponges, ces animaux qui nous paraissent si peu évolués qui réalisent ces belles sculptures.
Tout en restant sur la côte atlantique, nous nous dirigeons vers le sud. Nous voici en Charente-Maritime dans le bassin de Marennes Oléron.
Foraminifères, vertèbres de poissons, ostracodes, Ronce-les-bains
Foraminifères, vertèbres de poissons, coquillages (1 mm environ)Toujours plus au Sud. Changeons de mer.
Matériel untilisé pour les photographies:
J’utilise un microscope de recherche trinoculaire avec un condenseur à fond noir sur lequel est posé une caméra USB. reliée à un ordinateur. J’effectue de 15 à 40 photos par sujet selon sa taille. Ensuite j’utilise un logiciel de focus stacking (Helicon focus)

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