En avril 2016, nous sommes quelques orchidophiles venus en repérage pour une sortie future pour le mois de mai sur un site situé à Puiselet-le-marais, qui fait partie des pelouse calcicoles du Gatinais, le site des Buys.
Ce lieu possède des particularités géologique, pédologique, climatique et historique qui justifient sa richesse écologique. On y trouve de nombreuses espèces méridionales, fleurs et insectes. Cela explique l’abondance des espèces rares et protégées dans cet endroit.

Les pelouses calcicoles présentes sur les communes de Puiselet-le-Marais et Valpuiseaux font partie du site Natura 2000 FR 1100802 « Les pelouses calcaires du Gâtinais ».
Une déforestation ancienne a conduit à la formation de pelouses calcicoles qui ont été ensuite paturées.

Ce site est bien connu des amateurs d’orchidées sauvages et l’un des sites les plus riches de l’Essonne. Ce site protégé est entretenu par le Conseil général de l’Essonne.

Les arbres qui constituent la forêt, chênes pubescents et pins sylvestres forment des bois clairs. Les genévriers (Juniperus communis) constituent des unités écologiques remarquables. Jusqu’à 2014, un sentier parcourait des bois où la semi-ombre créait un biotope propice aux orchidées telles que la platanthère (Platanthera chlorantha), la néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis), le limodore (Limodorum abortivum), la listère ovale (Listera ovata) puis s’élargissait dans une pelouse où poussaient des Orchis pourpre (Orchis purpurea), Orchis brulés (Orchis ustulata), Ophrys araignée (Ophrys aranifera), l’Ophrys moucheron (Ophrys insectifera) ainsi qu’un hybride des deux dernières espèces mais aussi des anémones pulsatilles, hélianthèmes, primevères, globulaires…
En arrivant, nous avons été surpris par ce chemin très large où toutes les espèces qui poussaient autour de chemin était élarguées et nettoyées sur une dizaine de mètres de largeur.

Nous avons observés quelques pieds de Limodore qui sortaient de terre et qui se retrouvaient donc en plein soleil alors que ces plantes sans chlorophylle poussent habituellement à l’ombre.

En avançant dans ce qui était ensuite une pelouse, nous avons constaté le désastre: des dizaines de pins étaient abattus et gisaient sur le sol, entiers avec des nids de chenilles processionnaires prêtes à s’échapper et à conquérir de nouveaux espaces. Normalement, des pins ou leurs extrêmités où sont les nids sont brûlés sur place pour éviter toute propagation.



De plus les pins et les tas de branches étaient entreposés sur les sites d’ orchidées (Ophrys, Plantanthère, Néottie) dont notre hybride rare d’Ophrys qui n’a aucune chance de sortir cette année…. Les traces des roues des engins venus abattre ces arbres sont très visibles et s’enfonçant dans le sol détruisent d’autant plus les plantes qui s’y trouvent.

Ce site sera-t-il nettoyé et quand? En mai, les engins risquent de détruire de nombreuses plantes protégées? Et si tout reste sur place, fini les nombreuses orchidées.
Le Conseil général réfléchit-il aux solutions? A la disparition de ce site?
Le Conservatoire des E.N.S. poursuit-il un suivi botanique annuel? Quels en seront les résultats?
Autant de questions auxquelles nous espérons une réponse !


Bibliographie :
PELOUSES CALCICOLES DU GATINAIS : SITES DES BUYS Commune de Puiselet-le-Marais, MASTER Ecologie, Biodiversité et Evolution , Camille LE NOAN juin 2005
ACTUALITE JUIN 2020
OU EN SONT LES ORCHIDEES ?
Chaque année, je retourne sur ce site pour voir et photographier les orchidées et leurs interactions avec les insectes.
Manifestement, elles ont subi un « tremblement de terre » qui a influencé l’équilibre des sols. Les tassements de terrain lié aux engins de débrousaillement et d’arrachage d’arbre a diminué largement la population d’Orchis purpurea mais aussi de Gymnadenia qui sont plus frêles et moins nombreux.

Les Orchis ustulata sont relativement nombreux mais petits et il faut bien les chercher. Les Ophrys aranifera sont devenus rares mais moins que l’Ophrys insectifera avec un seul représentant très petit. L’hybride entre O. insectifera et O. aranifera semble avoir disparu. Les limodores, Limodorum abortivum, espèce d’ombre se sont retrouvés au soleil et espérons qu’ils migreront à l’ombre. Il en est de même pour une autre espèce qui vit à l’ombre, la Néottie nid d’oiseau, Neottia nidus-avis.
Les autres espèves qui étaient abondantes comme la Listère à deux feuilles, Listera ovata et la Plathantère blanche, Platanthera chlorantha sont devenues rares.
Les Epipactis atrorubens sont rassemblés dans une zone où ils sont assez abondants.

De nombreux chênes ont germés et l’ensemble du site se restructure pour adopter une nouvelle configuration végétale. Il faut laisser un peu de temps et de tranquillité à la nature. Il est donc encore tôt pour savoir ce que les orchidées sauvages deviendront à cet endroit mais mon sentiment est que moins il y aura d’interventions de l’homme et plus les orchidées pourront prospérer.

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